II. La Photographie |
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Brassai décide consciemment de limiter le contenu de sa photographie afin de saisir l’essentiel. Dans sa photo, il descend sa vue en bouchant les bâtiments à l’arrière-plan et en mettant la fontaine au premier plan. On voit la fontaine d’un angle inhabituel, et on ne peut voir qu’une partie des bâtiments. Néanmoins, cette partie suffit à donner l’essence de cette scène. De près, on peut voir quelques statues qui émergent de l’eau. A cause de l’ombre, ce sont des silhouettes, mais à cause des jets d’eau, ce sont des porteurs anciens de la lumière. Ces êtres mythologiques rendent la photo plus mythique.![]() |
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En plus, l’eau sert une double fonction. A cause de sa position, la fontaine cache presque le reste de la scène, mais aussi elle l’encadre de telle manière que l’arrière-plan devient plus accentué. L’eau qui tombe de la fontaine et l’eau qui jaillit, les deux attirent l’attention vers l’obélisque étranger qui se trouve au centre de la photographie à l’arrière-plan. Alors, bien que l’obélisque soit à l’arrière-plan, il est encore très en vue parce que sa linéarité contraste avec la circularité de la fontaine. |
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| Comme Brassai est le poète des nuits dont la spécialité est de jouer avec la lumière et avec l’ombre, il s’est bien servi du noir afin de juxtaposer et d’éclaircir l’eau et l’obélisque à l’arrière-plan obscur. Ce contraste adoucit l’écoulement de l’eau et rend l’obélisque plus éminent. La diffusion de la lumière et le contraste des objets illuminés avec le ciel épais donnent à la scène une ambiance surréelle. | ||||
| Finalement, les lampes électriques à l’arrière-plan sont responsables des effets de lumières modernes. Leur présence sert comme un rappel du fait que Paris est toujours animé et qu’il est un endroit où le vieux Paris avec ses édifices historiques rencontre l’ère moderne. Au bout du compte, Brassai trouve l’essentiel de cette scène et l’utilise afin de présenter l’essence des monuments historiques et modernes de Paris dans la lumière surréelle. | ||||
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« Bijou » |
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| Comme Brassai continuait à prendre des photos, il diversifiait les sujets de son œuvre. En révélant le « Paris Secret, » il est devenu, comme son ami Henry Miller le décrivait, « l’œil de Paris » saisissant l’essentiel de non seulement les endroits mais aussi les gens qui les fréquentaient. En observant ces gens, Brassai comprenait l’intimité des nuits parisiennes et la saisissait dans des photos. Bien qu’il se soit intéressé à tous ses sujets avec un coup d’œil pensif, il possédait l’habilité de s’entendre avec les gens dans toutes les circonstances de la populace à l’aristocratie. Un flâneur discret, il pouvait les rendre à l’aise pour qu’il puisse les observer naturellement. Il photographiait les événements sociaux des bourgeois, illustrant la grandeur et la décadence des opéras et des ballets français. Il avait aussi un don de peindre le côté obscur de la vie nocturne parisienne sous de belles couleurs. Les sujets auxquels il s’intéressait le plus étaient ceux les plus marginalisés : les vieux, les veuves, les malades, les pauvres, les sans-abri, les mendiants, les criminels, les joueurs, les prostituées, et beaucoup plus. | ||||
| Se promenant sur les boulevards de Paris, Brassai rencontrait plusieurs sujets intéressants qui étaient apparemment ordinaires. Dans ces portraits de ces figures locales, il établissait un rapport intime avec ses sujets. Pendant une de ses promenades quotidienne, Brassai a rencontré une femme dans le Bar de la Lune qui s’appelait Madame Bijou. Une femme âgée qui avait jadis vécu une vie de luxe, Madame Bijou vivait une vie de charité (Sheriff et al). | ||||
| Bien qu’il semble que Madame Bijou soit franche, elle prenait des poses pour Brassai afin de se représenter dans la façon où Brassai la voyait. Tout d’abord, Brassai a choisi d’inclure quelques objets au premier plan : un verre de vin ; une assiette sur laquelle il n’y a que des miettes ; et un cendrier pour la cigarette qui reste entre ses doigts. En rangeant ces objets sur la table, Brassai veut dire que Madame Bijou est une Française typique qui passait du temps en mangeant, buvant, et fumant. En fait, elle est en train de faire ces choses sur cette photo. Cependant, il se peut que Brassai veuille dire aussi qu’elle n’a rien d’autre à faire. | ||||
| Néanmoins, dans sa photographie de cette femme, Brassai veut représenter son humanité. Il se sert de la composition afin de faire ressortir la force de son caractère. Au lieu de centrer son sujet, Brassai la met sur le côté et lui permet de se mêler à l’arrière-plan noirci. Absorbée dans les ombres, elle a l’air d’être radieuse. Sa figure et ses mains restent très en vue. A l’arrière-plan, il y a des lignes verticales sur le mur et une barre horizontale qui semblent s’entrecroiser où se trouve la tête de Madame Bijou. Alors, on est attiré vers la figure de cette femme qui ne sourit pas. | ||||
Grâce au rapport que Brassai a établi avec elle et le respect qu’il lui donne, Madame Bijou est à l’aise et peut regarder fixement l’appareil photo sans gêne. Ce sentiment est aussi évident grâce à sa posture. La manière dans laquelle elle se cale sur sa chaise indique qu’elle reste confortablement. De plus, la manière dans laquelle elle tient ses mains indique qu’elle contrôle la situation alors elle n’a pas besoin de se pencher en avant pour le montrer. |
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Ces mains sont aussi importantes à cause de leur fonction. Ne plus une femme bourgeoise mais en fait une courtisane, Madame Bijou lit les lignes de la main et raconte des histoires en échange de nourriture ou d’argent (Sheriff et al). Donc, il faut qu’elle utilise ses mains afin de se présenter, et elle choisit de se le faire en décorant ses mains avec des bijoux qui symbolisent son prestige. Ses bijoux, qui entourent ses doigts, ses mains, ses poignets, et son cou sont radieux même contre sa peau pâle. Embellie avec ces bijoux excessifs, elle se présente en serrant ses colliers comme si elle serrait son passé. Les bagues voyantes compriment ses doigts comme si elle devenait trop grande pour elles mais refuse de les enlever. Un diamant brut comme ceux de ses bijoux, Madame Bijou est très caractéristique du genre de sujets que Brassai cherchait et éternisait.Des monuments historiques aux caniveaux ; de la haute société à la classe populaire ; du prestige de l’opéra au scandale de Chez Suzy ; de l’excitation des Folies-Bergères à la saleté des graffiti ; de la lutte des ouvriers travaillant tard dans la soirée à la lutte des artistes et des écrivains contemporains créant l’art ; Brassai n’hésitait jamais à prendre des photographies. C’était un flâneur qui avait une vision de Paris et de la signification qu’il avait pour lui. C’est avec sa photographie qu’il pouvait interpréter et exprimer tout ce qu’il a vu et a senti pendant ses explorations de Paris. Ces photographies ont fait de la même manière une impression éclatante sur les Parisiens et les non-Parisiens, révélant une image de Paris qui est à la fois mythique et réelle. |
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